Les cinq principes d'un Body-Being efficace dans le non-effort

  1. Être détendu
  2. Être calme
  3. Être entier et total
  4. Se déplacer à partir du Centre
  5. Être enraciné

Être détendu

La meilleure chose avec laquelle commencer et celle à laquelle il nous faut sans cesse revenir, c’est de se détendre. Il existe plusieurs niveaux de détente et certaines personnes sont plus détendues que d’autres. Mais presque personne n’atteint le niveau de détente totale. Dans le Cheng Hsin, nous nous entraînons à la détente totale. Lâcher la tension est inhérent à la détente. La tension est une activité (en fait, nous créons la tension) donc plus nous approfondissons nos recherches sur la tension, plus nous faisons de découvertes sur l’activité de notre esprit. Lâcher la tension physique doit aussi inclure une détente mentale. Ce qui nous permet de juger si nous sommes dans le non-effort ou pas, c’est en regardant si nous sommes totalement détendus ou pas.

Être calme

Être calme est indispensable non seulement pour se détendre mais aussi pour accéder aux états et aux dispositions nécessaires à une interaction efficace. Être calme c’est être dans un état d’acceptation de tout ce qui est tel qu’il est. Cependant, cela ne signifie pas de se sentir victime ni d’être comme un automate qui ne ressentirait rien. Considérez la différence qui existe entre être responsable et être réactif. Être responsable c’est être motivé par des conditions extérieures telles qu’elles sont ; réagir c’est être motivé par notre état intérieur, qui été « contrarié » par des conditions extérieures. Être calme est nécessaire pour devenir responsable plutôt que réactif. Dans cet état nous n’avons pas besoin d’éviter quoi que se soit et alors, nous pouvons gérer les situations à partir de qui s’y passe réellement plutôt qu’à partir de nos abstractions mentales.

Regardez cette situation : vous descendez une route en conduisant et soudain, vous avez besoin de freiner dans l’urgence. L’action requise est simple : appuyez sur la pédale de frein. Pourtant, combien d’entre nous dans une telle situation appuierait avec calme sur le frein? L’exemple est extrême mais il illustre pourtant à quel point il est facile d’être « submergé » par une situation. Dans les situations de stress, nous avons tendance à réduire notre attention et à tenter de forcer les situations en tendant notre corps et en nous contorsionnant.  Parfois ces réactions n’apportent rien d’autre à l’action qu’un gâchis total d’énergie. Mais souvent, ces réactions inconscientes nous empêchent d’être efficaces (comme dans le contexte martial). Le contrôle de l’esprit est souvent confondu avec un « emprisonnement de force » de l’esprit. Considérez le calme comme le principe de contrôle de l’esprit. Être calme c’est être attentif.

Être entier et total

Le mouvement de notre corps nous éclaire sur la relation que nous avons avec notre propre corps et avec l’espace. On peut en savoir beaucoup sur ce que sont les gens dans leur corps rien qu’en les regardant  marcher dans la rue. Lorsque nous n’avons pas conscience de certaines parties de notre corps ou lorsque nous nous scindons en plusieurs parties, nous perdons contact avec notre intégrité naturelle et nous pouvons nous sentir gauches ou disgracieux. Nous avons besoin de ré-entraîner notre système nerveux pour aller vers un mouvement du corps détendu et efficace afin que nous puissions nous déplacer avec aise et grâce.

Être entier et total, c’est être complet. C’est ne pas se forcer, ni tenter d’être d’une autre façon, c’est ne pas hésiter ni se retenir. Il n’y a pas de scission dans notre intégrité et notre Être entier est investi dans chaque action.

Être entier et total demande d’expérimenter continuellement notre corps entier de façon intime et nouvelle. Nous avons besoin de sentir tout notre corps dans ses trois dimensions, du bout des pieds jusqu’au sommet du crâne ; et d’être conscients non seulement de l’espace que nous remplissons à l’intérieur mais aussi de celui qui nous entoure.

Se déplacer à partir du Centre

Le fait d’avoir 4 organes sensoriels situés dans notre tête influence la façon dont nous entrons en relation avec le monde. Si nous nous considérons comme une intelligence située quelque part dans notre tête, alors nos mouvements vont avoir tendance à être perçus et à prendre naissance à partir de cette extrémité du corps. Et cela ne génère pas les relations les plus efficaces. Considérons les actions comme faire tourner un bâton, lancer un javelot, porter une échelle ; l’endroit le plus efficace pour faire bouger ces objets est leur centre et nous nous mettons en relation avec lui sans même y penser, nous sentons le centre de l’objet.

Un usage efficace de notre corps partirait du centre. Notre centre est à proprement parler notre centre de gravité (que nous pouvons localiser par balancement ou rotation des pôles), situé dans le bas ventre à environ un ou deux doigts du nombril selon la morphologie de chacun. Pour la plupart d’entre nous, qui ne nous déplaçons pas à partir du centre, réussir à se déplacer à partir du centre signifie dans un premier temps empêcher nos élans habituels de bouger à partir d’autres endroits. Bien sur cela va nous paraître bizarre de ne pas faire ce qui nous semble naturel (qui est, en fait, ce qui nous est habituel). Au démarrage, se déplacer à partir du centre paraît toujours bizarre.

Comme nous travaillons avec un Body-Being (notre Corps-Existence) et pas seulement avec un corps, il nous faut aussi placer notre attention dans notre centre. Nous nous « centrons nous mêmes ». Il faut de l’entraînement pour faire passer notre perception de derrière nos yeux à notre centre.

Apprendre à bouger à partir du centre, c’est une découverte. Il faut d’abord sentir notre centre puis nous entraîner à bouger à partir de là. Nous devons nous entraîner alors que nous ne savons pas vraiment ce qu’il y a à ressentir lorsque nous bougeons à partir du centre. Nous devons rester aussi honnêtes que nous le pouvons et continuer à rechercher une nouvelle façon de bouger. Au sens propre du terme, bouger à partir du centre signifie que si ce centre ne bouge pas, alors rien ne bouge. Une fois que nous avons découvert la sensation de bouger à partir du centre, alors nous pouvons commencer à nous entraîner pour de vrai. Il en va de même pour la plupart des entraînements.  D’abord nous devons nous entraîner à découvrir ce que c’est, ensuite nous pouvons commencer à nous y entraîner (à  ce que c’est).

Être enraciné

Avez-vous déjà remarqué que nous avons tendance à entrer en relation avec l’espace en partant du sol ? Bien sur « nous savons » que cet espace s’étend sous nos pieds et nous présumons que cela fait partie de notre expérience quotidienne, mais nous oublions de nous demander s’il en est vraiment ainsi.  Quelle conscience avez-vous à cet instant même, de la profondeur de sol qui s’étend sous vos pieds ? En général, nous supposons que notre relation avec le sol n’a aucune incidence sur la façon dont nous vivons. Pourtant, nous utilisons dans le langage courant des expressions qui indiquent l’importance du sol :

« Couper l’herbe sous les pieds », « se tenir sur ses pieds », « avoir les pieds sur terre », « lever le pied », « foncer au pied levé », « au ras des pâquerettes », « être terre à terre », « la tête dans les nuages », « tête en l’air ».

Les expressions ci-dessus semblent montrer que notre connexion au sol a une grande influence sur notre façon de vivre. Les mots expriment que notre connexion et notre relation au sol sont connectées et en relation avec notre intégrité, notre solidité.

Dans le Cheng Hsin, nous nous entraînons à avoir plus de terre ! Il est possible d’être plus enraciné. Et l’expérience corporelle de sentir plus de sol change aussi nos dispositions mentales. Nous devenons plus « présents ».

Un unique principe

zen-enracine.jpgLes cinq principes ne sont en fait pas exclusifs mutuellement mais sont des distinctions au sein d’un seul et même principe que nous appelons Cheng Hsin Body-Being (le Corps-Existence du Cheng Hsin).

Par exemple, être calme est un pré-requis pour être détendu et vice-versa. Sentir son corps entier calme l’esprit. Bouger le corps entier à partir du centre demande que nous sentions notre corps en entier. Nos membres peuvent rester détendus si nous bougeons à partir du centre. Être enraciné nous aide à nous détendre.

En fait, chacun des 4 autres principes s’enchevêtre dans le cinquième.

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