L'Art de la Puissance sans Effort

L'Art de la Puissance sans Effort

L’art martial du Cheng Hsin est un art martial interne. Il existe de nombreuses idées et définitions sur ce qu’est un art interne. Clarifions donc d’abord ce que signifie « art martial interne ». Il s’agit fondamentalement de ré-entraîner notre système nerveux, notre façon de penser, notre perception, notre expérience. Nous changeons notre façon de nous déplacer, d’entrer en relation et de générer de la puissance. Toutes ces qualités ne peuvent pas être copiées, et ne sont pas visibles de l’extérieur. Elles constituent un « entraînement interne ». Nous nous entraînons pour que la puissance sans effort soit une conséquence directe de notre alignement avec les principes naturels de détente, d’enracinement et d’un mouvement de tout le corps provenant du centre. Nous ré-entraînons volontairement notre système nerveux afin d’utiliser la force intrinsèque, qui nous donne la liberté de produire de la puissance tout en restant sensibles, équilibrés, gracieux et mobiles. Nous nous entraînons à des stratégies, des principes et des dispositions qui génèrent des relations efficaces. Nous menons des recherches sur les habitudes que nous avons développées et qui nous rendent inefficaces, afin de devenir capables d’y mettre fin. Le Cheng Hsin se pratique dans une ambiance détendue, joyeuse et protégée, ce qui permet à un apprentissage et à une transformation réels de prendre place. Mais peut-être que la meilleure façon de vous faire comprendre ce que nous entendons par interne est de vous décrire notre façon de pratiquer :

Dans le Cheng Hsin, le premier entraînement consiste à faire l’expérience par nous-mêmes de notre mouvement et de notre relation avec les autres en tant que ressenti. Puisqu’un mouvement a un ressenti, si nous changeons ce que nous ressentons, alors nous pouvons changer la façon de nous mouvoir. Nous pouvons aussi changer l’expérience que nous avons d’une personne en changeant la façon que nous avons de la ressentir. Il y a de nombreuses façons d’expérimenter le changement dans nos ressentis, mais certaines dispositions sont plus puissantes que d’autres.

Un des premiers « entraînement-au-ressenti » dans l’art martial du Cheng Hsin s’appelle outreaching (aller à la rencontre de l’autre au-delà de soi). Outreaching, c’est  créer un lien de ressenti avec le corps entier d’une autre personne. C'est-à-dire que, chaque fois que nous touchons l’autre, nous ressentons la totalité de son corps, à chaque instant. Ce n’est pas un exercice intellectuel. Bien sur, l’intellect ne pourra s’empêcher d’intervenir. Quand on s’entraîne à l’outreaching, on entraîne notre  sentiment de vigilance. Un des éléments essentiels de outreaching est écouter. Ecouter veut dire poser à chaque instant notre attention sur quelque chose, sans jugement, sans aversion, sans désir. C’est simplement être présent à ce qui est là. Ecouter est un entraînement constant du Cheng Hsin.

Un entraînement de base dans le Cheng Hsin est le yielding(céder). Dans une situation martiale, nous avons besoin de faire pression sur autrui tout en l’empêchant de faire pression sur nous. En Cheng Hsin, nous apprenons à céder jusqu’à exercer une pression extrêmement légère. Le céder ne dépend ni de la taille ni de la force. N’importe qui peut céder ! Céder neutralise toute force. Devenir efficace dans le céder dépend de notre habileté à écouter et de notre habileté à abandonner toute résistance. Il nous faut pour cela abandonner notre souhait d’  « imposer notre volonté ».

Un autre entraînement de base s’appelle  following ( suivre). Suivre, c’est faire en sorte que notre mouvement soit en totale synchronicité avec un partenaire, que l’on soit en contact, ou pas. Il y a une infinie quantité de façons d’être synchrone avec l’autre. Quand nous pratiquons suivre, il n’y a pas de temps pour penser au mouvement. L’écoute continuelle de notre partenaire est essentielle. Suivre est une façon de bouger, notre mouvement devient le  ressenti-de-suivre. Il n’est pas difficile de comprendre que si nous suivons le mouvement, on ne nous prendra jamais à manquer de vigilence.

D’autres entraînements de base que nous pratiquons en Cheng Hsin sont leading (mener), joining (joindre), cutting (couper) et borrowing (emprunter).  Ce sont des stratégies pour entrer en relation dans différentes situations. Chacune apporte un ressenti différent au mouvement, une « énergie » différente. Tous ces « principes-relationnels » cités, requièrent une écoute continuelle et constituent la colonne vertébrale des compétences développées par la pratique du Cheng Hsin.

Un autre aspect de l’art martial « interne » est la capacité de donner naissance à une puissance sans effort. Cet entraînement relève aussi du domaine du ressenti. Fondamentalement, nous tirons cette puissance en ressentant autrui nous comprimer dans le sol. La puissance vient du sol. Notre entraînement consiste à développer le ressenti et les mécanismes structurels qui nous permettent d’aligner nos corps pour la compression. D’abord, nous nous entraînons à être totalement détendus. Pour plus d’informations sur la puissance sans effort, vous pouvez visiter la page Body-being.

Les principes du Cheng Hsin

Les choses se déploient toujours de la même façon. Les relations sont gouvernées par ce qui est possible dans l’interaction.  Un principe défini la façon dont quelque chose se manifeste. Quels sont les principes de la constitution du corps, du mouvement et d’une interaction efficace ? Comment pouvons-nous nous entraîner pour devenir compétents ? Que cherche-t-on ?

Un principe, ce n’est pas une restriction. C’est une possibilité
- P
eter Ralston

Se poser des questions sur le principe de n’importe quoi peut nous en apporter une expérience bien plus réelle. Cela peut permettre de clarifier les objectifs et les raisons de son existence. Cela fait de l’entraînement quelque chose de réel, plutôt qu’un moyen de renforcer des croyances. Nous pouvons alors mieux comprendre ce que nous recherchons ou ce que nous essayons de réaliser. Une fois saisis les principes, nous avons une direction vers laquelle diriger notre pratique. Nous nous entraînons au principe, ou nous nous entraînons à le comprendre, plutôt que de nous entraîner avec frustration ou espoir.

Avec les cinq principes du Body-being (qui sont : être calme, détendu, centré, enraciné et être entier et total), nous nous entraînons aux principes d’une interaction efficace. S’aligner avec ces principes  crée une interaction efficace.

Un des principes essentiels du Cheng Hsin est de s’entrainer à laisser notre partenaire faire exactement ce qu’il fait ; en gardant un lien constant avec lui mais sans jamais interférer. Nous nous entraînons ainsi dans outreaching, yielding, following, leading, joining et beaucoup d’autres principes qui favorisent la construction d’une relation efficace.

Nos actions ne sont pas nôtres mais suivent le sens de l’environnement.
Nous n’essayons pas, mais faisons un pas de ci de là,
pour permettre à ce qui doit résulter de se déployer.
-
Peter Ralston

Dans le jeu libre, face à un partenaire confirmé, nous avons un retour instantané chaque fois que nous cessons d’écouter (car alors il nous frappe, nous projette ou nous lance). Passer de notre expérience d’éviter ou de désirer à celle d’écouter, va transformer notre expérience d’être absorbé-par-soi à celle de découvrir-dans-l’ouverture.

Les disciplines martiales du Cheng Hsin

Pour enraciner l’entraînement, la pratique d'une technique est indispensable. Les disciplines techniques martiales du Cheng Hsin nous offrent de nouvelles possibilités dans le mouvement et dans la relation. Elles nous apportent un retour sur nos compétences acquises, et elles constituent la base de notre moyen d’exprimer notre art. L’art martial du Cheng Hsin combine à la fois un entraînement technique et en entraînement à des habiletés dans divers contextes : chuter, projeter, déraciner, frapper, travail des armes et jeu libre. Nous pratiquons avec un partenaire, afin d’apprendre les techniques et nous faisons aussi du jeu libre pour entraîner nos habiletés dans l’interaction. Nous nous entraînons aussi, cette fois en solitaire, au Body-Being (être présent à son corps) afin de ré-éduquer notre corps et lui donner plus de puissance, de vitesse et de mobilité.

L’art martial du Cheng Hsin se pratique à travers différentes disciplines. Bien que ces disciplines soient différentes, elles ont une cohérence commune au sein de cet Art : chacune d’elle nous ouvre à de nouvelles possibilités dans l’interaction, et renforce notre compréhension des autres disciplines et du principe d’efficacité.

Vous trouverez dans les rubriques connexes les détails et les explications de chaque discipline martiale du Cheng Hsin.

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