Les différentes disciplines martiales de l'Art du Cheng Hsin

Cheng-Hsin-T'ui Shou - Poussée des mains

En réalité, T’ui Shou pourrait se traduire par « les mains à la rencontre de l’autre », en anglais « outreaching hands ». Le T’ui Shou est l’art de faire chuter et de déraciner du Cheng Hsin. Toutes les disciplines telles que le T’aï Chi Chuan, le Judo, l’Aïkido et le Pa Kua sont construites sur les principes du Cheng Hsin, et si nous y ajoutons les techniques propres au Cheng Hsin, cela nous fait un vaste répertoire d’environ 150 techniques à travailler. Ces techniques enracinent notre pratique et nous ouvrent à de nouvelles possibilités dans la relation, car nous ne perdons jamais de vue le fait que l’entraînement technique est juste un autre moyen pour s’entraîner à nous aligner sur les principes du Cheng Hsin.

« Dans le Cheng Hsin, le T’ui Shou consiste en fait en une seule technique :
celle d’utiliser la puissance sans effort pour générer un résultat dans un contexte de Suivre (following).»
Peter Ralston

Les techniques sont pratiquées sans déplacement (pas restreints)puis en relation dynamique (pas mobiles). Nous expérimentons à la fois les schémas linéaires et circulaires du mouvement dans les trois dimensions. Nous explorons les façons d’utiliser l’espace autour de nous pour neutraliser les forces. Nous nous entraînons à la souplesse de l’esprit et du corps.

Dans des situations de défi, il est indispensable de s’être entraîné aux principes d’habileté et d’efficacité, sinon, nos vieux réflexes de force brutale et de manque de vigilance ont vite fait de reprendre le dessus. Nous ajouterons que le jeu libre est essentiel dans notre pratique car il nous donne un retour immédiat de notre efficacité face à un adversaire qui essaie lui aussi d’être efficace contre nous. Le jeu libre dans le Cheng Hsin, c’est de la joie dans la sécurité, mais avant de le pratiquer, il nous faut apprendre à chuter !

video : Peter Ralston et Rob van Ham pratiquant le T'ui Shou

Cheng Hsin-T'aï Chi Chuan

Nous pratiquons à la fois une introduction au T’aï Chi : le « mini set » (forme courte), et une forme plus avancée en 64 pas, afin de s’entraîner à un Body-Being efficace sans effort. En plus de l’apprentissage de la forme, les pratiquants font des jeux interactifs et recherchent comment ils peuvent utiliser la force intrinsèque pour faire bouger leurs partenaires.

« On fait trop de cas des sources mystiques de la puissance, et l’on sous-estime celles qui relèvent de la maitrise.» Peter Ralston

Dans le T’aï Chi en Cheng Hsin, nous nous entraînons au mouvement et à rester vigilants – un entraînement impitoyable aux principes du Cheng Hsin, afin de développer une présence puissante au corps…

vidéo : forme 12 pas ou T’ai Chi « mini set »

Cheng Hsin-Boxe

Nous pratiquons de la boxe interne.  Nous nous entraînons à devenir capables de porter nos coups sans effort et à développer des états d’esprits ainsi que des stratégies qui nous forcent à rester présents (à une situation qui change constamment). La boxe va plus vite que la pensée.  Nous avons besoin d’atteindre un endroit où il est possible de répondre sans penser.

Nos actions sont toujours liées à ce que nous percevons. La boxe est une opportunité merveilleuse pour découvrir ce que nous percevons (ou ne percevons pas).  Nous expérimentons en quoi le fait de changer de perception peut modifier notre expérience et nos compétences. 

« La boxe, c’est 90% de l’esprit. » Peter Ralston

Mais d’abord, entraînons-nous à esquiver ! La boxe dans le Cheng Hsin requiert une énorme mobilité et nous nous entraînons à bouger tout le corps avec autant de rapidité que la frappe. Le travail sur le Body-Being et le déplacement des pas sont essentiels. La pratique de la boxe est excellente pour mettre à nu nos faiblesses et nos fantasmes.  C’est comme une chambre à air : c’est sous pression que l’on voir où ça fuit !

Nous portons des gants et des protections buccales afin d’être bien protégés tout en combattant pour de vrai. Nous nous entraînons à des exercices qui sont faits pour attirer notre attention sur des compréhensions profondes, puis nous les pratiquons en vrai pour les faire nôtres.

Le jeu libre est essentiel mais reste léger puisque l’objectif du Cheng Hsin n’est pas de se frapper le plus fort possible. Nous nous entraînons  à être conscients de là où nous posons notre attention afin de pouvoir être dans une interaction pleinement compétente avec notre partenaire.  Bien sur, notre attention doit être sur notre partenaire, mais il y a plusieurs façons de le faire !

video : démonstration de Cheng Hsin boxe

video : Peter Ralston à la boxe en 1992

Cheng Hsin-San Shou

San Shou se traduit par « mains libres ». Nous pratiquons une forme de San Shou en 38 pas, chorégraphiée à deux personnes. La forme a des modèles et implique l’application de techniques sur un partenaire qui lui, cherche à neutraliser notre technique et à nous imposer la sienne, qu’en retour nous cherchons à neutraliser pour lui imposer la notre, etc. La forme inclut des techniques de T’ui Shou mais exécutées plus près et plus rapidement. En plus des techniques courantes de frappes du T’ui Shou, le San Shou permet de s’entraîner à des techniques moins connues du T’ai Chi et ouvre à de nouvelles possibilités dans le mouvement. La capacité de faire éclore la puissance sans effort, tout en étant proche et avec différentes parties du corps est éprouvée, de même que celle de pouvoir s’en sortir ! Les coups de poings, coups de pieds et les frappes de genoux, coudes, épaules et avant-bras, de même que les projections, clés et déracinements sont tous pratiqués. Même si la forme est ritualisée et que nous avons des rôles, nous nous entraînons à ne jamais nous séparer l’un de l’autre – on le nomme l’entraînement à « l’énergie des racines du lotus ».

Cheng Hsin-Epée

Nous n’avons pas toujours accès à un partenaire pour s’entrainer toute la journée mais les armes sont un autre professeur. En visant à ne pas utiliser l’arme comme source du mouvement, nous apprenons à utiliser notre centre et notre corps entier pour écouter l’épée et bouger en nous unifiant à elle. Nous pouvons ainsi nous entraîner seul et avoir autre chose que notre pensée avec lequel être en relation.

Nous pratiquons avec l’épée de T’aï Chi à double lame (appelée T’aï Chi Kim) mais les principes de l’épée et du jeu d’épée peuvent s’appliquer à toutes les armes. Nous enseignons une forme de T’ai Chi à l’épée solo, une forme à deux chorégraphiée et des exercices et jeux afin de développer des compétences dans l’interaction et de devenir capable de pratiquer le jeu libre aussi à l’épée. 

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